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Piscines au meilleur prix
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Inutile d’espérer faire un plongeon en passant les portes de l’imposant site industriel de Piscines Desjoyaux. Dans cette usine aux bâtiments disséminés sur une parcelle de 15 hectares, construite à l’orée des années 1990 à La Fouillouse, à une quinzaine de kilomètres de Saint-Etienne (Loire), le leader mondial de la piscine enterrée, principalement pour les particuliers, met en avant son savoir-faire dans… les matières plastiques. « Notre métier est d’être plasturgiste» , revendique fièrement Nicolas Desjoyaux, le directeur commercial.
Le fabricant a pourtant plusieurs cordes à son arc : il veut d’ailleurs maîtriser directement la totalité de la fabrication des bassins , au plus tard en 2027. « Nous visons une intégration de la fabrication pour nous assurer de la qualité, qui doit être irréprochable, ne plus dépendre de fournisseurs, et innover» , martèle Jean-Louis Desjoyaux, le PDG de l’entreprise familiale (220 salariés hors concessions commerciales, 98 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025). En ajoutant les moteurs, les composants fabriqués en interne passeront de 90% à 97 %
Pour y parvenir, un plan d’investissement de 50 millions d’euros est mis en œuvre depuis 2022 et jusqu’en 2027. L’usine fabrique 6000 à 7000 piscines dites » au coffrage perdu » en polypropylène par an, et prochainement l’ensemble des composants, dont ceux en plastique, comme les bouts de tuyauteries ou les flasques hydrauliques, des pièces structurelles et d’étanchéité.
Sur l’enveloppe déjà dépensée, 7 millions d’euros ont servi à créer de nouveaux entrepôts logistiques, 3 millions ont été consacrés au renouvellement des moules de production, et 6 millions d’euros à la modernisation de l’outil industriel, avec de nouvelles presses à injection. Surtout, 11 millions d’euros seront consacrés à l’installation d’un atelier de moteurs, pour une mise en service en 2027. Jusqu’alors, les moteurs électriques, achetés auprès d’une entreprise allemande, étaient fabriqués en Bulgarie et en Roumanie. « Habituellement, l’intégration amont fait augmenter nos marges. Pour les moteurs, on ne gagnera ni ne perdra pas d’argent, mais nous progresserons en qualité », précise Nicolas Desjoyaux. L’entreprise en profite pour changer le système de motorisation, avec une consommation d’énergie abaissée de 30% par rapport à l’existant.
Il faut se balader sur le site pour visualiser les autres pans de cette stratégie. 85% des usages de polypropylène de l’entreprise sont en recyclé, et 15% en vierge. 6000 tonnes de polypropylène et 5000 tonnes de polyéthylène sont utilisées chaque année.
En avril 2026, un atelier de recyclage plastique a été mis en service pour un investissement de 11 millions d’euros. Auparavant, Piscines Desjoyaux achetait des granulés de polypropylène. Désormais, la PME peut fabriquer son propre compound en achetant des balles pré-triées de déchets plastiques issus de la collecte sélective. Du carbonate de calcium est intégré au plastique lors de la phase d’extrusion pour formuler ces granulés. 10000 tonnes de granulés de PP recyclé seront produites chaque année, dont la moitié à usage interne.
L’autre partie – il s’agit d’un nouveau métier – sera revendue à l’extérieur.
Piscines Desjoyaux indique également être le seul pisciniste au monde à fabriquer lui-même ses feuilles de liners, des revêtements fabriqués à partir de membranes de polychlorure de vinyle (PVC), soudées entre elles en usine aux côtes exactes du bassin. L’aménagement de l’atelier de 3500m², moyennant 11 millions d’euros d’investissement, doit permettre de réaliser des pièces dites «ultra sur-mesure». Les coloris et motifs des liners pourront être créés en interne. Ouvert en novembre 2025, l’atelier dispose d’une capacité de production de 5 millions de mètres carrés de PVC par an, dont 1 million pour les besoins internes. Les capacités restantes permettront d’ouvrir une nouvelle ligne d’activité. «Je mène une action auprès du Centre scientifique et technique du bâtiment afin de faire agréer notre membrane pour l’étanchéité de toitures» , illustre Jean-Louis Desjoyaux.
Plus loin, dans l’usine, où sont aussi fabriqués des abris de piscine et le béton des margelles, les pièces de finition qui ceinturent le bord supérieur d’un bassin de piscine, on aperçoit… des palettes en plastique. « Elles pèsent 6 kg, contre 20 kg pour une palette Epal en bois» , indique Fanny Desjoyaux, la directrice marketing, pas peu fière du lancement, en mars dernier, de Smart Palettes, une activité de vente de ces produits. Au total, la vente de granulés plastiques, les palettes et l’étanchéité devraient représenter 20% du chiffre d’affaires dans cinq ans. « Il s’agit de faire davantage tourner nos machines, amorties par la piscine, grâce à notre savoir-faire de plasturgiste » , abonde Nicolas Desjoyaux.
Desjoyaux a beau se diversifier parfois de façon surprenante, la piscine reste son coeur de métier. « Quoi qu’on en dise, l’aspiration des Français à avoir une piscine ne change pas » , observe Nicolas Desjoyaux. En revanche, la taille des bassins livrés aux particuliers français tend à se réduire, passant de 32 mètres carrés à 24 au cours des dernières années. La faute à des parcelles constructibles plus petites. Les bassins se font aussi moins profonds, « pour se rafraîchir et non plus pour nager » .
Encore largement dépendante de la France, puisque l’export ne représente que 40% des ventes (avec un objectif de parvenir à 50%), l’entreprise reste en revanche discrète sur le devenir de son organisation. Deux des trois enfants du PDG Jean-Louis Desjoyaux, 76 ans, sont en poste dans l’entreprise. Mais il n’y a officiellement pas de projet de succession. Peut-être que les 182 concessionnaires commerciaux, conviés à La Fouillouse en octobre 2026 pour célébrer les 60 ans de l’entreprise, en sauront plus…
Extrait de l’article paru dans L’USINE NOUVELLE
Journaliste : Franck STASSI