Les piscines de Desjoyaux portées par les vagues de chaleur
Publié le
Néanmoins pour amortir les cycles, elle affûte une stratégie de diversification rendue possible par les 40 millions d’euros d’investissement réalisés ces trois dernières années.
« Quand il pleut, on achète des parapluies, quand il fait chaud, on achète des piscines. » C’est sans doute le mantra favori de Jean-Louis Desjoyaux. Le patron de l’entreprise de La Fouillouse aime à le répéter, saison après saison. Sans doute un peu pour écarter d’un revers de main les inquiétudes lorsque les affaires ne sont pas très bonnes, ou au contraire relativiser les enthousiasmes un peu trop prononcés.
En tout cas, cette année encore, c’est sa réponse à l’explosion des demandes de devis enregistrée fin mai, à l’occasion du premier pic de chaleur de la saison. En trois jours, plus de 1800 contacts ont été pris contre 835 l’année dernière à la même époque, soit une hausse de 118 %. Selon les ratios habituels de l’entreprise, 12,5 % de ces devis devraient se concrétiser dans les prochains mois par des commandes.
Ces chiffres devraient venir confirmer la dynamique de reprise constatée depuis le début de l’année par le constructeur de piscines ligérien, comme par ses concurrents. Et ce, après trois années bien plus moroses.
«Le chiffre d’affaires porté par la météo et par le contexte géopolitique»
Après le pic historique de 160 millions d’euros en 2020-2021 (boosté par les investissements des particuliers dans leur jardin faute de pouvoir partir en vacances), le chiffre d’affaires de Desjoyaux avait chuté, jusqu’à tomber à 98 millions d’euros sur le dernier exercice, équivalent à 5812 piscines (chiffre historiquement.. bas, cette fois).
«L’année 2026 est mieux orientée, nous allons enregistrer une légère croissance et faire 1000 piscines de plus. Le chiffre d’affaires est porté par la météo et par le contexte géopolitique. Probablement qu’avec les guerres, les clients préfèrent investir dans leur maison plutôt que de partir en vacances à l’autre bout du monde », précise Jean-Louis Desjoyaux, expliquant vendre des piscines plus petites qu’autrefois mais mieux équipées.
« De toute façon, nous nous portons très bien. Même avec un nombre de piscines très bas comme l’année dernière, nous avons dégagé 6 millions de résultat. Ce n’est pas rien! Et ce sera un peu mieux cette année.»
« Notre marge brute avait progressé de 2% en avril, alors que le cout des matières premières explose. On réussit à maintenir cela grâce à nos lourds investissements industriels », assure le dirigeant, qui a commencé à passer la main à ses enfants.
Extrait de l’article paru dans LE PROGRES
Journaliste : Stéphanie Gallo-Triouleyre