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Piscines au meilleur prix
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Jean-Louis Desjoyaux, PDG du groupe familial Desjoyaux, prépare la transmission à la quatrième génération. Depuis son usine de La Fouillouse dans la Loire, il revient sur le plan d’investissement de 50 millions d’euros du groupe, son nouveau centre de recyclage du plastique et sa diversification vers le PVC recyclé. Entretien autour d’un outil de production qu’il revendique entièrement intégré et fabriqué en France.
Lyon Capitale : Vous avez dit dans un récent communiqué : « Fabriquer en France sans surcoût, c’est possible quand on maîtrise tout. » Vous le confirmez ?
Jean-Louis Desjoyaux : Tout à fait, en tous cas dans notre métier. Dans la cosmétique, le vêtement ou le rideau, c’est peut-être plus communiqué. Mais nous, en industrialisant et en robotisant massivement, non seulement nous ne détruisons pas d’emplois, mais nous en créons, et nous produisons 100 % en France.
Lyon Capitale : Dans le secteur de la piscine, c’est donc possible ?
Jean-Louis Desjoyaux : Complètement. Notre usine de La Fouillouse est unique au monde : il n’existe pas d’autre modèle aussi intégré. Nous sommes une entreprise mondiale, nous exportons dans 80 pays, et nulle part ailleurs cette unité de production n’existe. D’ici six mois, nous réaliserons huit métiers différents sur le site. Je ne me présente jamais comme un pisciniste, mais comme un industriel.
Lyon Capitale : Vous indiquez que 90 % de vos composants sont produits en interne. Pourquoi pas les 10 % restants, et lesquels ?
Jean-Louis Desjoyaux : On est même à 95%. Le reste ce sont essentiellement des produits en acier inoxydable, qu’on ne peut pas remplacer par du plastique : de l’inoxydable pour nos abris, et de l’aluminium qu’on achète car on ne l’extrude pas encore. Pour le reste, on a tout intégré : des pièces qu’on achetait en Chine, comme des boulons ou des rondelles, on les fabrique désormais nous-mêmes.
Lyon Capitale : Sur les 50 millions d’euros d’investissement, dont 25 sur les deux dernières années ?
Jean-Louis Desjoyaux : Nous disposons d’un trésor de guerre très important. Nous sommes des entrepreneurs qui travaillons dans la durée, la transmission à la quatrième génération est d’ailleurs en cours. J’ai toujours eu comme stratégie de financier 100 % de nos investissements. Les 50 millions sont donc totalement autofinancés. À l’instant où je vous parle, mon endettement est négatif : notre trésorerie dépasse largement notre dette.
Lyon Capitale : Quelle part du chiffre d’affaires représente aujourd’hui les activités hors piscine ?
Jean-Louis Desjoyaux : Aujourd’hui c’est proche de zéro. Nous venons de démarrer le recyclage et le calandrage il y a un mois et demi à deux mois.
Lyon Capitale : C’est donc le recyclage qui rend possible ces activités hors piscine ?
Jean-Louis Desjoyaux : Oui. Un exemple : notre machine de calandrage produit 6 millions de mètres carrés, dont 800 000 pour nos consommation propre, ce qui amortit déjà l’investissement. Il reste donc plus de 5 millions de mètres carrés que nous valorisons sur d’autres débouchés, notamment le PVC d’étanchéité.
Lyon Capitale : C’est donc le recyclage qui rend possible ces activités hors piscine ?
Jean-Louis Desjoyaux : Oui. Un exemple : notre machine de calandrage produit 6 millions de mètres carrés, dont 800 000 pour nos consommation propre, ce qui amortit déjà l’investissement. Il reste donc plus de 5 millions de mètres carrés que nous valorisons sur d’autres débouchés, notamment le PVC d’étanchéité.
« J’en ai aussi assez de ces contextes géopolitique et de ces guerres qui pèsent sur notre chiffre d’affaires. »
Lyon Capitale : Vos objectifs hors piscine à cinq ans ?
Jean-Louis Desjoyaux : La machine est capable de générer 25 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il est possible que l’activité hors piscine représente un quart du chiffre d’affaires d’ici cinq ans, entre 20 % et 30 %.
Lyon Capitale : Devenir fournisseur de PVC d’étanchéité, c’est un autre métier. Est-ce une stratégie pour lisser la saisonnalité de la piscine ?
Jean-Louis Desjoyaux : Oui, et aussi pour nous prémunir des aléas météo : cette année une canicule, mais l’an prochain il peut pleuvoir tout l’été, et on achète des parapluies quand il pleut. J’en ai aussi assez de ces contextes géopolitique et de ces guerres qui pèsent sur notre chiffre d’affaires. L’idée est vraiment de lisser cette saisonnalité grâce à une activité plus industrielle.
Lyon Capitale : Vous évoquez la guerre. Comment êtes-vous impacté ?
Jean-Louis Desjoyaux : Un exemple : nous faisions plus de 1 000 piscines en Allemagne, nous en avons fait 300 à 400. C’est lié à la guerre en Ukraine, celle d’Ormuz, aujourd’hui, nous touche peu. Des pays comme l’Allemagne, et toute l’Europe, ont été frappés de plein fouet ; même la France. C’est une question de pouvoir d’achat : les gens consomment moins pour mettre de côté.
Extrait de l’article paru dans LYONCAPITALE
Journaliste : Ivan BALKANSKI