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Jean Louis Desjoyaux, décideur de la semaine dans « bref Eco »

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60 ans après la pose de sa première piscine, à Cuzieu dans la Loire, Piscines Desjoyaux est devenu le leader mondial de la piscine enterrée.
Illustration siege Desjoyaux

Jean-Louis Desjoyaux : « Nous attendons 20 % d’activité complémentaire issue de notre atelier de recyclage »

Alors qu’avec ses littoraux, rivières et lacs, la France est la première destination touristique mondiale, l’entreprise forézienne a contribué à ce paradoxe qui fait de notre pays le premier en Europe pour le nombre de piscines. Aujourd’hui, pour Piscines Desjoyaux, l’heure est à la diversification avec la fabrication de palettes en plastique 100 % recyclées, avant d’envisager la transmission de l’entreprise.

Pouvez-vous nous brosser l’histoire de l’entreprise ?

Jean-Louis Desjoyaux : La première piscine a été posée en 1966, à Cuzieu dans la Loire, par mon grand-père Jean, qui était maçon carreleur. Les affaires ont progressé et, en 1974, nous avons décidé de construire le site de production à La Fouillouse, où nous sommes installés depuis. Celui-ci a bénéficié d’aménagements et d’agrandissements, au fil du temps et de la croissance de l’entreprise. Entre 2023 et 2026, nous y avons investi 50 millions d’euros. Actuellement, 180 personnes sur huit métiers différents y travaillent, sur un espace foncier de 15 hectares, dont plus de 5 de bâtis.

Comment expliquez-vous ce parcours exceptionnel ?

J.-L.D. : Tout au long de notre histoire, nous avons mis en place des procédés de fabrication inédits : le coffrage permanent en polypropylène, qui permet de livrer les bassins en kit, puis un système de filtration par membrane intégrée à la paroi qui réduit la consommation d’eau et d’énergie. Ils nous ont permis d’industrialiser très tôt un secteur qui est encore artisanal et atomisé dans la plupart des pays. Ce pari a été réussi grâce à nos investissements.

Aujourd’hui, comment est organisée l’entreprise et quels sont ses résultats

J.-L.D. : Piscines Desjoyaux a mis en place un réseau de franchisés qui compte 180 points de vente exclusifs en France. À travers le monde, nous détenons cinq filiales en Italie, Espagne, Portugal, Allemagne, États-Unis et Brésil. Nous sommes distribués à travers 400 points de vente. Sur le dernier exercice, nous avons atteint un chiffre d’affaires d’environ 100 millions d’euros, en très légère progression, pour presque 10 000 piscines. 60 % de notre activité est en France et le reste à l’export. Nous affichons un solde d’endettement négatif.

Comment évolue votre activité en France et dans le monde ?

J.-L.D. : Notre secteur est particulièrement exposé aux effets du dérèglement climatique, dans un contexte géopolitique mondial de plus en plus préoccupant. Les pics de canicule que nous avons connus récemment ont fait bondir les contacts commerciaux de 118 % ! Nous avons participé à la démocratisation de la piscine et les goûts de la clientèle évoluent : le bleu turquoise standard a cédé la place à des modèles personnalisés et de taille plus modeste. Depuis le début de l’année, nous avons vendu 300 unités de 4 mètres sur 3,5 mètres.

Envisagez-vous de nouveaux axes de croissance ?

J.-L.D. : Nous développerons nos activités à l’international de façon à équilibrer notre chiffre d’affaires entre la France et l’export, sous trois ans. Parallèlement, alors que nous avons généralisé depuis longtemps l’usage de plastique recyclé issu des déchets ménagers collectés dans la région, nous venons d’investir 12 millions d’euros pour faire de ce recyclage une véritable activité complémentaire. Nous envisageons de produire 15 000 tonnes par an de « Smart Pallet », des palettes en plastique 100 % recyclées, qui facilitent la manutention et allient légèreté et robustesse. Pour nos besoins, nous en utiliserons une part et commercialiserons l’autre part. Cela devrait nous procurer un complément d’activité de 20 %. Et après avoir célébré notre 60e anniversaire, le 9 octobre à La Fouillouse, il est temps d’envisager la transmission de l’entreprise vers la quatrième génération.

Article paru le 21/10/2026 dans bref ECO
Journaliste : J-F.B