Mardi 26 Février 2019

Il le confie, lui qui a couru le monde n’aime plus voyager. Au grand large, le fan de foot et « terrien dans l’âme » préfère désormais la tranquillité de son berceau familial de Cuzieu près de Saint-Étienne, équipé, forcément, d’un bassin de rêve.

D’ailleurs, si le marché de la piscine est en forte progression, notamment en Europe, c’est que, estime le PDG, « il y a un retour au cocooning, avec de plus en plus une aspiration pour une pièce à vivre à l’extérieur ». Une aubaine pour Desjoyaux.

Numéro un mondial des piscines

Lui, en tout cas, qui a fait de la PME, le numéro un mondial des piscines enterrées, se dit un patron heureux. Entouré de ses deux enfants, Nicolas, 38 ans, directeur commercial, et Fanny, 32 ans, directrice marketing et communication, il ne cache pas sa « fierté » d’avoir su perpétuer la saga familiale commencée à la fin des années 1960 avec son père, Jean Desjoyaux, décédé en 2015. Alors que son frère Pierre, parti en Thaïlande avec ses deux fils déployer le marché Asiatique a décidé de prendre du recul, il vient avec sa sœur Catherine, de racheter les parts de ce dernier au capital de l’entreprise.

« C’est très rassurant pour l’équilibre et la pérennité du groupe, glisse Jean Louis Desjoyaux. C’est plus facile de travailler à deux groupes familiaux qu’à trois ». Sa sœur est directrice générale de l’affaire cotée, qui reste contrôlée à 65 % par la famille au côté de la banque Lazard (7%), et ses deux enfants y travaillent aussi.

Le PDG de 66 ans, qui a fait valoir ses droits à la retraite il y a deux ans, mais garde solidement la barre en attendant de la céder à son fils, est aussi en pleine transmission de ses parts. Car, fiscalement, « je perds le contrôle de ma boite si je ne transmets pas de mon vivant à mes enfants ».

Alors que celle-ci est valorisée en bourse 100 millions d’euros, son futur reste d’un bleu limpide, même si rénovation de l’outil opérationnel et dépenses pour la piscine connectée obligent, les résultats ont un peu flanché l’an dernier à 5 millions d’euros. « Le carnet de commandes est excellent et, cette année, on veut aller chatouiller les 100 millions ( contre 91.9 millions) ».

Accélération passant notamment par l’export qui devrait voir sa part passer de 35 à 50 % d’ici 5 ans. En Europe, les concessions Desjoyaux essaiment partout comme en France ou la tendance est aux piscines plus petites et équipées. L’Allemagne remporte elle, la palme de la croissance, un succès inattendu pour l’ETI, prête aussi à passer la surmultipliée aux Etats-Unis, en Chine sous la houlette de Nicolas Desjoyaux, et au Brésil.

Carole Bellemare – Le Figaro-22/02/2019
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