Fondé en 1966, Piscines Desjoyaux est le 1er réseau mondial de construction de piscines enterrées avec 169 concessions exclusives en France et une présence dans 80 pays. Il est l’inventeur de deux concepts  majeurs,  la  filtration  sans  canalisation  et  le  coffrage  permanent  actif.
Avec  60  millions d’euros investis sur le site de production ou dans l’outil de production en recherche et développement ces 6 dernières années, l’entreprise familiale poursuit son engagement de générations en générations. Entretien.

Jean-Louis Desjoyaux la crise sanitaire porte votre entreprise qui vient de publier des résultats annuels record. Pour autant, en France, la puissance de votre marque, votre statut de pionnier et de n°1 ne vous empêchent pas de perdre des parts de marché depuis quelques années…

« Effectivement, nous en avons perdu des parts de marché il y a quelques années, mais nous avons commencé à reprendre du terrain sur nos principaux concurrents, à savoir les artisans maçons d’une part, qui sont nos concurrents historiques et qui sont aujourd’hui moins agressifs car ils ne manquent pas de travail, et les coquistes, qui ont toujours été agressifs en termes de prix sans jamais démontrer la solidité de leur modèle économique. Nos piscines ont énormément de qualités, mais elles ont l’inconvénient d’exiger une forte technicité de la part des poseurs. D’où l’ouverture ces jours-ci de notre centre de formation. Avec 8% de croissance en France sur l’exercice clos à fin août, nous estimons être en ligne avec le marché des piscines enterrées. La crise sanitaire nous a un peu ralenti au niveau opérationnel, mais n’affecte absolument pas les tendances lourdes de notre marché. Au contraire même, le confinement et le télétravail ravivent l’envie de piscine individuelle, produit « cocooning » qui agrandit la maison.
Pour répondre à cette croissance, nous avons mené plusieurs actions.
Nous avons élargi notre gamme, allant de la piscine hors sol, qui sera prête en septembre 2021, à la piscine haut de gamme, en passant par la piscine en kit et le milieu de gamme, dite « pool and play ». Notre croissance actuelle est tirée par le milieu et haut de gamme et nous espérons voir nos produits plus accessibles venir conforter notre activité. Les piscines que nous vendons sont de plus en plus équipées, sans que cela pénalise nos marges.

Nous avons également professionnalisé et élargi notre réseau de concessionnaires exclusifs, avec 12 points de vente ouverts l’exercice précédent et 12 à ouvrir sur l’exercice en cours.
Enfin, nous devons former les équipes de pose, car nous manquons de main d’œuvre qualifiée pour poser nos piscines. Quatre personnes ont été dédiées à notre école de formation qui devrait permettre de former une quinzaine de maçons par an qui seront embauchés par les concessions »

A l’international, les ventes s’accélèrent nettement depuis deux ans. Parvenez-vous enfin à dupliquer à l’international le succès que vous aviez connu en France il y a une vingtaine d’années ?

« Clairement. L’Allemagne en est un exemple frappant. Nous sommes le n°1 incontesté outre-Rhin, avec 2000 piscines prévues cette année et une marque qui commence à être connue sachant que nous sommes les seuls industriels du marché, face aux artisans et aux coquistes, comme en France. Nous sommes partis de Munich il y a une bonne dizaine d’années, et après avoir investi et essuyé des pertes pendant de nombreuses années, les fruits que nous récoltons sont très satisfaisants, avec environ 3 M€ de résultat net en 2020. Nous pouvons compter sur un directeur de filiale fantastique, un produit et une marque reconnus qui correspond aux attentes des allemands, qui apprécie les piscines fiables et équipées, ce qui nous permet d’atteindre un panier moyen plus élevé qu’en Espagne par exemple. Le marché allemand est naissant et ressemble au marché français des années 90. Par ailleurs, nous continuons de semer dans 80 autres pays, avec même un retour qui pourrait être très réussi aux Etats-Unis où notre modèle de concessions exclusives prend bien. Mais tout cela est un travail de longue haleine : nous sommes des entrepreneurs de générations en générations ! »

D’un point de vue industriel, avec 9 338 bassins vendus en 2019-2020, vous êtes loin de saturer votre outil de production très automatisé. Combien d’années de croissance envisagez-vous sans investissement significatif supplémentaire ?

« Le marché de la piscine est selon moi très porteur pour les 5 prochaines années. Ce n’est pas un marché cyclique, il est porté par des tendances de fond : le loisir, le cocooning, le réchauffement climatique…Ce qui ne le met pas complètement à l’abri des crises économiques et des aléas météorologiques. Pour ce qui est de l’exercice en cours, l’automne et l’hiver se présentent admirablement bien, mais nous préférons rester prudents sur l’atterrissage de fin d’année compte tenu des incertitudes d’ordre sanitaire sur un deuxième semestre prépondérant.
Concernant nos capacités de production, elles dépassent les 18 000 bassins mais nous ne cessons pas d’investir dans la création de nouveaux produits, dans l’adaptation de l’outil de production, la rénovation des machines, etc. Nous avons investi à hauteur de 8 M€ sur l’exercice passé, notamment dans l’internalisation de l’injection. »

 

Comment se prépare la succession à la tête de l’entreprise ?

« Mon successeur a été coopté par l’entreprise, ses collaborateurs et le réseau de distribution : il s’agit de mon fils Nicolas Desjoyaux, 40 ans. Il est dans l’entreprise depuis sa sortie d’école de commerce en 2004. A l’époque, je l’avais envoyé aux Etats-Unis pour fermer notre activité là-bas car nous nous y étions mal pris. Il a ensuite gravi tous les échelons et a pris la direction de la commercialisation. Mais j’espère rester encore à la barre quelques années… »

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La société n’est plus endettée et affiche même une trésorerie nette d’une vingtaine de millions d’euros. Comptez-vous maintenir un dividende stable comme c’est le cas depuis une dizaine d’années ?
« Nous sommes en pleine réflexion sur le dividende compte tenu du contexte de crise sanitaire. Même si notre trésorerie devient pléthorique, nous devrions rester raisonnable dans notre politique de distribution, préférant accumuler des marges de manœuvre en prévision d’éventuelles années difficiles. La décision d’un dividende exceptionnelle ne devrait donc pas être prise avant quelques années. »

 

Votre communication aux marchés est minimaliste. Etes-vous heureux d’être en Bourse ?
 » Oui, nous sommes très heureux en Bourse, cela favorise notre notoriété à l’international et c’est un bon baromètre.  Nous étions mal valorisées et les investisseurs reconnaissent à présent la valeur du travail accompli. Nous sommes très transparents et nous nous tenons disponibles aux investisseurs qui s’intéressent à nous. Le capital du groupe véritablement flottant est limité et nous ne voyons pas l’intérêt d’en faire plus pour l’instant ! »

 

 

Article paru dans ZoneBourse

Journaliste : Raphaël Girault
Source : communiqué société du 18/12/2020