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Vendredi, 22 Juin, 2018
Piscines Desjoyaux, premier de plongée

 

L'an dernier, Piscines Desjoyaux a réalisé le troisième meilleur chiffre d'affaires de son histoire, à 89,7 millions d'euros pour 9.220 piscines vendues. 

 

L'hiver aura été long mais le soleil a enfin entamé son virage qui l'amènera à passer au plus près de notre hémisphère. Les beaux jours, quand ils ne sont pas gâchés par des orages, sont donc de retour. Et avec eux, leur lot de loisirs : le rosé (avec modération), la pétanque et surtout...la piscine.

C’est la saison la plus importante pour Jean-Louis Desjoyaux. Et pour cause, il est à la tête des piscines du même nom, entreprise de taille intermédiaire familiale, fondée par son père il y a un peu plus de cinquante ans.
Autoproclamé premier réseau mondial de fabricant-distributeur de piscines, le groupe estimait en décembre 2016 détenir « 12-13% de part de marché » en France. «Maîs c'est très difficile à évaluer, tant le secteur des piscinistes n 'est pas structuré », précise Nicolas Desjoyaux, fils de Jean-Louis et responsable commercial France et export de la société.

 

Selon les chiffres de la Fédération des Professionnels de la Piscine et du spa (FPP), on recensait plus de 2 millions de bassins privés en France, dont environ 1,2 million de piscines enterrées, en septembre 2017. Un record pour le pays, deuxième plus gros marché au monde derrière les Etats- Unis, sans être pour autant une limite : «Il existe une grosse marge de progression sur le marché français, se réjouit Jean-Louis Desjoyaux. On estime à 12 millions le nombre de maisons avec jardin ».
Ce chiffre sonne comme la promesse de beaux étés à venir pour le pisciniste. Déjà l'an dernier, il a réalisé le troisième meilleur chiffre d'affaires de son histoire à 89,7 millions d'euros pour 9 220 piscines vendues.

 

Ce résultat reste cependant loin de celui de 2007. Juste avant la crise, le Groupe Desjoyaux flirtait avec les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires (99,2 millions, pour être précis) et vendait jusqu'à 14.000 piscines. Les effets du ralentissement économique mondial se font sentir dès 2008.
« Nous avons beaucoup souffert de notre forte exposition dans trois gros pays, Egypte, Espagne et Grèce», retient Jean-Louis Desjoyaux. Les années suivantes, les ventes du groupe ont continué de couler, jusqu'à toucher le fond à seulement 6.700 piscines vendues lors de l'exercice 2012-2013.

 

Industrialiser le processus

 

Cette ETI, implantée depuis toujours à La Fouillouse, à deux pas de Saint-Etienne, a tenu bon dans cette tempête, « sans jamais licencier », comme le précise fièrement Jean-Louis Desjoyaux. Elle l'a fait en investissant sur son site de production où elle emploie 269 personnes. Le groupe y a consacré 60 millions d'euros en six ans. « Cela nous a permis de baisser les coûts de fabrication de 30 % », précise le PDG. Cela concerne par exemple la mise en place d'un outil permettant la fabrication de liners avec escalier intégré, une nouvelle presse à injection ou encore la rénovation de l'atelier margelles et dallages.

 

La société s'est également concentrée sur l'innovation et le développement de son réseau. La véritable force de l'entreprise depuis ses débuts. Pour le comprendre, il faut revenir sur son histoire. Comme dans toute bonne success-story, celle-ci débute par une anecdote. Celle qui veut que tout a commencé en 1966 quand Jean Desjoyaux, fondateur de l'entreprise et père de Jean- Louis, construit sa première piscine... pour ses enfants.
L’homme a commencé dans le bâtiment avec son beau-père avant de fonder sa propre société de maçonnerie et de carrelage, en 1968. Cette année-là, Jean Desjoyaux a réalisé sa deuxième piscine, c'était pour un ami. L'idée d'en faire son activité principale  n'est pas encore là mais elle s'inscrit rapidement dans les travaux proposés par la société. Au rythme de trois à quatre bassins par an, au début des années 1970

 

C’est à cette periode que Jean-Louis Desjoyaux rejoint son père dans l'activité familiale.  II se souvient « Je commence au bas de l'échelle, j'apprends le métier de carreleur, se souvient-il.  Nous devons beaucoup au groupe Casino [également basé a Saint-Etienne, NDLR] qui nous confie alors ses chantiers». Maîs la société Desjoyaux finira par abandonner la maçonnerie pour ne se consacrer qu'aux piscines, ou tout un marché est à inventer Pour le développer, les Desjoyaux cherchent alors comment industrialiser le processus de production.  Jean Desjoyaux trouve la solution en 1974 en inventant le coffrage permanent actif . Ce procédé, constitue de panneaux en polypropylene qui s’assemblent comme des « Lego », permet de réaliser facilement toutes les formes et toutes les dimensions de bassin souhaitées Le procédé est breveté en 1978.

Sa deuxième invention majeure a lieu cinq ans plus tard.  En 1983, Jean Desjoyaux imagine le système de filtration intégrée, posé en cavalier sur l'un des bords de la piscine.  Cela permet d'éviter la construction d'un abri de jardin pour y entreposer une pompe, et les coûteux travaux de tuyauterie pour la relier au bassin.

 

Réseau de concessionnaires

 

Fort de ses innovations, Jean Desjoyaux veut «démocratiser » les piscines et en vendre du nord au sud de la France.  Dans ce but, il va constituer des 1984 un réseau de concessionnaires exclusif . La petite TPE devient alors le Groupe Desjoyaux et franchit dans la foulée les frontieres de I'Hexagone, ouvrant sa premiere filiale en Espagne, en 1988.  Aujourd'hui, l'entreprise compte 167 concessionnaires en France. Elle est présente dans plus de 80 pays et crée cinq nouvelles filiales (Allemagne, Italie, Bresil, Etats-Unis et Chine).

 

A Jean-Louis, qui a repris les rênes de la société en 1989, de monter d’un cran supplémentaire dans l'industrialisation.  Un deuxième site de production est ouvert en 1991, juste en face du premier.  Le recyclage des matières plastique utilisées pour fabriquer les panneaux de coffrage est intégré.  En 1992, avec sa sœur Catherine Jandros (directrice générale) et son frere Pierre-Louis Desjoyaux (responsable de la zone Asie), ils décident d’introduire la société à la Bourse de Paris, tout en conservant 72 % du capital. Son premier spot publicitaire télévisé, en 1997, fait connaître les Piscines Desjoyaux au grand public II met en lumière ce qui deviendra le best-seller du groupe un bassin de 8x4 mètres, à 39 850 francs (7 914 euros), pose non comprise.  Le prix est abordable pour l'époque, les clients se jettent à l'eau. A ce jour, ce modèle représente au moins la moitié des 150 000 bassins vendus par la société depuis ses débuts.  C’est aussi par une publicité que Jean-Louis Desjoyaux relance les ventes de l'entreprise au sortir de la crise, en 2015 Cette fois,  la piscine (7 x 3m) est livrée « prête à plonger » pour 13 500 euros . L’opération est un succès et «permet de récupérer 5 millions d'euros de chiffre d’affaires », précise le PDG.

 

Jean-Louis Desjoyaux espère maintenant renouer rapidement avec les résultats d'avant-crise.  II compte beaucoup sur le développement à l'étranger, l'export comptant actuellement pour 35 % des ventes.  « L'objectif, c'est d'atteindre 50-50 », explique-t-il.  Pour cela, l'entreprise va ouvrir, sur les quatre ans à venir, 100 nouveaux concessionnaires 25 en France et 75 à l'étranger.

Le groupe va également étoffer sa gamme. Apres le lancement en 2017 de Kity, une piscine en kit à monter soi-même, Jean-Louis Desjoyaux veut mettre l'accent sur une entrée de gamme (moins de 8 000 euros), et un haut de gamme (au-delà de 15 000 euros), comme ce bassin de 780 mètres carrés conçu pour un riche Laotien.

Jean-Louis Desjoyaux mise enfin sur le développement de gammes d'accessoires exclusifs.  Ce domaine l'intéresse d'autant plus que, comme son père Jean,  il entend se consacrer pleinement a l'innovation lorsqu'il aura cédé les rênes de l'entreprise a son fils, Nicolas.  Une décision prise par toute la famille, assure-t-il. Sûrement autour d'une piscine. 

 

Les Echos-  le 21 juin 2018

Enrique MOREIRA

Lire l'article dans Les Echos